Gwendoline
La musique de Gwendoline en a rien à foutre. Elle a pas de projet. Elle tente rien, ils le
répètent à qui veut l’entendre, faut juste écouter. Chacun entendra ce qu’il veut dans
C’est à moi, ça, nouvel album des deux Brestois signés chez Born Bad. D’aucuns
voudraient qu’ils soient Joy Division, Noir Boy George, Bruit noir, Ventre de biche, les
Bérus. Voudraient que leur wave soit cold, shlag, dark... mais c’est pas leur problème.
Zombie Zombie
Véritable référence de la scène électro indé hexagonale, Zombie Zombie abreuve depuis presque 20 ans les oreilles les plus exigeantes de France et de Navarre de son krautrock chamanique, magnifié en live lors de grandes liturgies groovy dont ses trois officiants ont le secret.
Avec leur nouveau disque Funk Kraut, Zombie Zombie signe un classique homogène, bel exemple du style qu’ils incarnent depuis une petite dizaine d’albums : une musique instrumentale jouée live, artisanalement, avec des synthés et des percussions.
Frustration
Frustration, c’est le parcours sans faute d’enfants sauvages du rock français : des débuts remuants au sein de la bien nommée Happy Family - la clique de rockeurs DIY gravitant autour du disquaire parisien Born Bad -à l'ancrage progressif du groupe dans le milieu de l'underground punk hexagonal et européen, de la montée en puissance au tournant des années 2010 à la mutation du groupe en une véritable force fédératrice de toutes les tribus du rock'n'roll, le groupe a écrit l'un des plus beaux chapitres du rock français et en est devenu l'acteur le plus emblématique. La cause est désormais entendue par tous.
Île de Garde
Île de Garde, c’est pas juste un jeu de mots de qualité en hommage à la bienheureuse mystique teutonne touche-à-tout, c’est aussi le blase choisi par le trio signé chez Born Bad/ Carpaccio Cathédrale, qui distille une synth-wave en s’appuyant sur une formation batterie / claviers / spoken word. Ce sera pas pour tout le monde, tant mieux.
Forever Pavot
Emile Sornin a un robot dans sa vie.
Après quelques albums de studio bravement pop, ainsi qu’une petite collection de BO, Emile a eu besoin d’un break. Pour y mettre fin, en bon flemmard hyperactif, avec Jonas Euvremer, il s’est lancé dans la fabrication d’un automate dont la fonction était de lui simplifier la vie. Melchior, qui donne son nom au disque, a une gueule de mannequin de ventriloque, deux mains gauches, des fringues preppy, et un cerveau de silice. Ce cousin boy-scout de Bender doit se fader les entretiens et les réseaux sociaux à la place d’Emile Sornin, prendre la lumière pour lui garantir une sieste à l’ombre. Le plan a marché admirablement : Melchior gère la promo, et son existence même a remis notre homme au boulot.
Vers le Nord
Loin de la réalité prosaïque d’une ancienne région industrielle, Vers Le Nord, dernier projet du Messin Matthieu Pellerin (Loth, Nuits Blanches, Oi Boys, Bisho), prolonge les intuitions du très noir et onirique Le Seul Élément, son ancien projet solo, et poursuit l’exploration des territoires obscurs de l’esprit humain. Boîtes à rythme caverneuses, couches de synthés FM distordus, pianos foutus, délires fictionnels de fin du monde, amitiés tendues avec des robots ou invitations au duel avec l’au-delà : l’univers de Vers Le Nord demeure tout de même solaire, profond et viscéralement incarné.